LE POUVOIR D’ACHAT CASUEL.

LES EUROS

DES FRANÇAIS

DANS L’INFLATION.

Avant la flambée des cours de l’énergie, c’est-à-dire en juillet 2021, l’étude Purchasing Power Europe 2021 de GfK classe la France au 15e rang européen sur 42 pays observés. Néanmoins dans les chiffres il y’ a une progression de ce même pouvoir d’achat. Concrètement, il affiche +6,48% à savoir 20.662 euros en 2021 contre 19.404 euros en 2020. Ainsi, Paris et Boulogne-Billancourt se détachent du reste de la France.

Et ils affichent effectivement un pouvoir d’achat individuel de 34.536 et 33.525 euros. Dans ces deux villes, le pouvoir d’achat représente deux tiers de plus que la moyenne nationale et plus du double de la moyenne européenne.

Le pouvoir d’achat casuel en France.

En effet, cette moyenne européenne est de 15.055 euros et présente cependant de son côté une hausse de + 1,9% sur la même période.

Force est alors de constater que les disparités au sein d’un même territoire sont criardes. Ainsi en France, le département de la Seine-Saint-Denis, le 93, a un pouvoir d’achat moyen de 14.086 euros par habitant. C’est 184 euros par an par rapport à 2019 et un tiers de revenus net en moins que la moyenne nationale. Alors qu’en face Paris, puis Boulogne-Billancourt sont en augmentation respective de 12%, +3700 euros et de +6,5%, +2000 euros.

Les prix des produits et services.

A la fin de l’été 2021, le cours des matières premières flambe, en particulier le pétrole et le gaz, tirant à son tour l’électricité, et cela commence à peser dans le portefeuille des Français.

Par conséquent, 75% des Français estiment que leur pouvoir d’achat diminue à peau de chagrin, selon un sondage Odoxa pour France Bleu. Car effectivement depuis la cette date, les prix des produits et services que l’on consomme quotidiennement augmentent inexorablement.

Ainsi pour compenser la hausse généralisée des prix, une indemnité inflation défiscalisée de 100 euros sera prochainement versée à 38 millions de Français.

La tendance générale des prix depuis quelques années.

Depuis 2015, les prix à la consommation ont augmenté de 7%. C’est très largement dû au prix de l’énergie, notamment celui du gaz qui, entre août et septembre 2021 a connu une croissance de 14,9 %.

Sébastien Faivre, Chef de la division prix à la consommation à l’INSEE, Institut National de la Statistique et des Études Économiques.

Le pouvoir d’achat casuel en Europe.

Au plus près des chiffres, le pouvoir d’achat par habitant du Top 10 européen est assez haut. En effet, il est de 55% de plus que la moyenne européenne. Ainsi le Royaume-Uni pointe à la 10e place avec 23.438 euros, l’Allemagne est 8e avec 23.637 euros, le Luxembourg 3e avec 35.096 euros, la Suisse 2e avec 40.739 euros. Et en tête de liste, le Liechtenstein exhibe un pouvoir d’achat par habitant de 64.629 euros, soit plus de 4 fois la moyenne européenne. D’autre part, le rapport est de 1 à 34 entre le pouvoir d’achat des habitants d’Ukraine et ceux du Liechtenstein.

Définition du pouvoir d’achat :

Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter. Le pouvoir d’achat découle alors du niveau du revenu et du niveau des prix.

L’évolution du pouvoir d’achat correspond donc à la différence entre l’évolution des revenus des ménages et l’évolution des prix. Si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Autrement, il diminue.

Qu’est-ce que le revenu disponible ?

Ce sont les revenus d’activité, salaires, honoraires, intérêts, dividendes, loyers perçus plus les prestations sociales reçues, moins les impôts versés.

L’évolution des prix.

C’est l’INSEE qui calcule en France l’indice des prix à la consommation. En effet, ce paramètre permet d’apprécier la variation du niveau général des prix des biens et services consommés par les ménages entre deux périodes prises en considération. Ainsi quand les prix sont à la hausse, on parle d’inflation. Donc les prix des produits de consommation des ménagent augmentent en moyenne.

Historiquement, c’est en 2012 que le pouvoir d’achat des ménages français baissent pour la première fois de -1% depuis 30 ans. Avec un ralentissement des salaires et une hausse des prélèvements obligatoires. S’ensuit dès lors une petite diminution de la consommation et une contraction et ou une décroissance de l’épargne.

Voir courbe INSEE

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https://monturfu.fr/

L’évolution du pouvoir d’achat casuel de 1974 à 2006.

Le niveau de vie des Français augmente et se développe sur ces 32 ans. À tel point qu’il compense les défaillances du pouvoir d’achat. Dans la mesure où le pouvoir d’achat augmente moins vite que les prix des produits et services. Ainsi la mise en place des services gratuits, l’éducation, la santé sont les facteurs clés de ce succès d’apparence. Cependant, aujourd’hui, la croissance de ces dispositifs n’arrivent plus à neutraliser la baisse du pouvoir d’achat. Or le taux de chômage joue en sa défaveur. Donc les ménages français accusent le coups face à toutes hausses des prix sans augmentation des revenus disponibles.

Qu’est-ce que l’indemnité inflation ?

Toutefois, pour booster le moral des Français, le Premier ministre Jean Castex dévoile l’octroie prochain de l’indemnité inflation le 21 octobre 2021 dernier. C’est alors une aide exceptionnelle simple et rapide de 100 euros pour les résidents Français avec un revenu nets de 2000 euros par mois. Cette réaction d’urgence vient soutenir les porte- monnaies des Français face à l’augmentation de 2,6% des prix des produits et services que l’on consomme quotidiennement. Pour éclairer nos lanternes, l’inflation est une résultante directe ou la conséquence de la reprise économique en France et dans le monde.

Le pouvoir d’achat casuel dans le cadre du plan France Relance.

La reprise économique est nette et bien réelle en France. Car à la fin du troisième trimestre 2021, l’économie française retrouve d’ores et déjà son niveau de mars 2020. Les autorités étatiques envisagent ainsi un taux de chômage de 7,6% fin 2021. Par ailleurs c’est son plus bas degré d’intensité depuis 2008. D’autre part, l’État décaisse fin 2021, comme prévu au début de la crise du Covid-19, 70% des 100 Md€ dans le cadre du plan France Relance.

Qui bénéficie de l’indemnité inflation ?
  • Les salariés ;
  • les agents publics ;

  • les travailleurs non salariés ;

  • les demandeurs d’emploi ;

  • les personnes en situation d’invalidité et les bénéficiaires de prestations sociales ;

  • les retraités, y compris les bénéficiaires de préretraites ;

  • les étudiants boursiers et ceux sans activité bénéficiaires des aides au logement ;

  • les jeunes ayant une activité professionnelle, les apprentis ainsi que les jeunes dans un parcours d’accompagnement vers l’emploi ;

  • les bénéficiaires de minimas sociaux, RSA, ASS, AAH, RSO, PreParE, ASI, y compris les travailleurs handicapés en établissement et service d’aide par le travail ESAT.

Comment les bénéficiaires percevront cette indemnité inflation ?

Tout d’abord, l’État accorde aux employeurs et tout autre organisme une aide au paiement sur les cotisations et contributions sociales versées aux URSSAF sur leur déclaration sociale suivant le versement de l’indemnité. Donc d’un côté les employeurs s’occupent du versement des 100 euros pour les salariés et agents publics. Et de l’autre, les organismes suivants indemniseront :

  • l’Urssaf pour les indépendants ;
  • la caisse de retraite pour les retraités ;
  • le CROUS pour les étudiants ;
  • le Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi ;
  • les caisses de la Mutualité sociale agricole, MSA pour les exploitants agricoles ;
  • la caisse d’allocation familiale, CAF pour les bénéficiaires de minima sociaux.

Le calendrier du versement.

Cette indemnité vient s’ajouter aux autres dispositifs déjà en place dont notamment le chèque énergie exceptionnel, 5,8 millions de foyers et le bouclier tarifaire pour freiner la progression des prix de l’électricité et du gaz. L’échéancier s’étale sur décembre 2021 et février 2022. Nous avons donc pour les :

  • Salariés de droit privé, dès décembre 2021.
  • Travailleurs non-salariés, dès décembre 2021.
  • Agents de l’État et des opérateurs de l’État, en janvier 2022.
  • Agents des collectivités territoriales en janvier 2022.
  • Agents hospitaliers, en janvier 2022.
  • Étudiants boursiers, en décembre 2021.
  • Étudiants non boursiers bénéficiaires des aides au logement, en janvier 2022.
  • Demandeurs d’emplois, en janvier 2022.
  • Bénéficiaires de prestations sociales, en janvier 2022.
  • Invalides, en janvier 2022.
  • Retraités, en février 2022.

Le pouvoir d’achat.

Outre-Atlantique, le revenu des Américains progresse de +6% en 2020 malgré l’impact de la pandémie. Néanmoins en France, nous constatons des chutes de revenus ci et là notamment chez les salariés de la classe moyenne inférieure ainsi que chez les auto- entrepreneurs.

Le pouvoir d’achat casuel en France.

Reste qu’ en moyenne, le pouvoir d’achat résiste très, grâce aux mesures gouvernementales, qu’il s’agisse du fonds de solidarité ou de l’activité partielle. Finalement faute de pouvoir consommer les Français épargnent énormément même si des disparités subsistent aussi sur ce poste. Le taux d’épargne financière passe allègrement de 4,6% du revenu disponible en 2019 à 12,1% l’an passé. Les Français mettent alors 111 milliards d’euros de plus de côté en 2020 qu’en 2019 !

Dès lors, la vitesse à laquelle ils dépenseront cette cagnotte conditionnera en grande partie l’allure de la reprise économique dans les prochains trimestres. Car du côté des entreprises, le bilan n’est pas bon. Le taux de marge des entreprises chute de 4 points et s’établit à 29,3% en 2020 après 33,2% en 2019, soit le niveau le plus bas depuis 1985. Mécaniquement, la capacité d’ autofinancement des entreprises dégringole.